Le butin de guerre à Anvers est considérable: au moins 500 canons, une quantité immense de munitions, de selles, beaucoup d'objets pour le service sanitaire, de nombreuses automobiles, des locomotives et des wagons, 4 millions de kilos de blé, beaucoup de farines, de charbons et de lin, de la laine d'une valeur de 10 millions de marks, du cuivre et de l'argent-métal pour un demi-million de marks; un train blindé de chemin de fer, plusieurs trains chargés de provisions et alimentation; de grandes quantités de gros bétail...
Le Gouvernement militaire allemand.
Rien ne manque, comme on le voit, à ces «réquisitions en masse»,—comme les appelle l'autorité allemande—pas même l'illégalité flagrante et reconnue par les pillards eux-mêmes. Ce qui n'a pas empêché M. von Huene (Habent sua fata ...nomina) et M. von Bodenhausen, les deux principales autorités allemandes d'Anvers, d'injurier et de menacer personnellement M. Castelein.
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Voyons maintenant la contribution de 480 millions par an.
La contribution de guerre de 40 millions.
L'autorité allemande, qui vient de palper les derniers 40 millions restant à payer sur la contribution de guerre de 480 millions dont le pays avait été frappé à l'origine de l'occupation, vient de décider que nous lui paierions désormais une nouvelle contribution de 40 millions par mois.
Pourquoi se gênerait-elle? Puisque ces bons Belges ont eu la faiblesse de se laisser tondre, a dû penser von Bissing, nous serions bien naïfs de ne pas récidiver. Bis repetita placent!
C'est parfaitement raisonné, à la condition que les moutons se laissent faire docilement, ce dont le gouverneur général en Belgique ne paraît pas douter un seul instant.