Il y a pourtant des têtes chaudes à qui il faut recommander le calme. Et c'est à cela que s'appliquent nos journaux clandestins. L'appel suivant, publié dans le n° 16 de La Libre Belgique, a été répété dans le n°30 [81], celui qui donne le portrait de M. le baron von Bissing lisant La Libre Belgique.
81 [ Voir la couverture de ce livre.]
Restons calmes!
Le jour viendra (lentement, mais sûrement) où nos ennemis, contraints de reculer devant les Alliés, devront abandonner notre capitale.
Souvenons-nous alors des avis nombreux qui ont été donnés aux civils par le Gouvernement et par notre bourgmestre M. Max: Soyons calmes!!! Faisons taire les sentiments de légitime colère qui fermentent en nos coeurs.
Soyons, comme nous l'avons été jusqu'ici, respectueux des lois de la guerre. C'est ainsi que nous continuerons à mériter l'estime et l'admiration de tous les peuples civilisés.
Ce serait une inutile lâcheté, une lâcheté indigne des Belges, que de chercher à se venger ailleurs que sur le champ de bataille. Ce serait de plus exposer des innocents à des représailles terribles de la part d'ennemis sans pitié et sans justice.
Méfions-nous des agents provocateurs allemands qui, en exaltant notre patriotisme, nous pousseraient à commettre des excès.
Restons maîtres de nous-mêmes et prêchons le calme autour de nous. C'est le plus grand service que nous puissions rendre à notre chère patrie.