a) Si l'envoi est fait par l'éditeur ou l'imprimeur du journal ou de la revue en question; b) si les envois sont adressés aux autorités allemandes, à des fonctionnaires ou à des militaires allemands ou s'ils sont expédiés par ceux-ci.
Aucun autre envoi de journaux ou de revues ne pourra se faire par la poste dans les limites du Gouvernement général.
Est exclu également du service postal tout échange de musique et de livres avec les pays neutres susmentionnés.
Pour les correspondances avec l'Allemagne et les pays alliés à l'Allemagne—l'Autriche-Hongrie, la Bosnie-Herzégovine et la Turquie—il n'est apporté aucun changement. On pourra, par conséquent, continuer à envoyer dans ces pays, par la poste, des journaux, des revues, des imprimés et de la musique, sans aucune restriction. De même, les journaux que l'on se fait envoyer par abonnement postal ne sont nullement compris dans les restrictions susmentionnées, aussi bien pour le service a l'intérieur de la Belgique que pour la correspondance de la Belgique avec les autres pays.
Ce qui est remarquable, c'est que l'Allemagne a honte de montrer qu'elle a honte. Cet arrêté, en effet, n'interdit pas franchement l'expédition de journaux: «l'envoi doit être fait par l'éditeur ou l'imprimeur». Seulement, comme on ne peut pas s'abonner à ces feuilles,—aucune condition d'abonnement n'y est indiquée,—vous voyez que cela correspond à une défense absolue.
Disons encore que, depuis mars 1916, on peut se procurer librement à Bruxelles un journal soi-disant belge et indépendant, La Belgique indépendante, publié à Genève. Sa vente est autorisée en Belgique par les Allemands, et les journaux d'outre-Rhin lui font de fréquents emprunts: ce double châtiment est plus que suffisant; ne l'accablons pas davantage. La Belgique indépendante a cessé de paraître en mai 1916.
Plusieurs journaux allemands d'expression belge servent à la propagande allemande à l'étranger. Ainsi, De Gazet van Brussel est régulièrement introduit en Hollande par les soins de l'autorité occupante. Quant au Bruxellois qui est envoyé gratuitement en Suisse, il y soulève le dégoût général (L'Impartial de Délémont, 1er juin 1916, cité par L'Écho belge, 15 juillet 1916).
4. Les journaux hollandais tolérés en Belgique.
Nous recevons aussi quelques journaux hollandais dont la germanophilie offre toute garantie. Le plus lu, et le plus anciennement toléré, est Nieuwe Rotterdamsche Courant. Mais même lui renferme souvent des articles dont la lecture ne peut pas être permise aux Belges, et ces numéros-là, qui sont précisément les plus intéressants, sont arrêtés par la censure. Il y a ainsi chaque mois une dizaine ou une douzaine de numéros qui ne peuvent pas être distribués à Bruxelles. De plus, en avril et en mai 1915, de nombreux numéros admis à la vente étaient passés au caviar. Nous donnons la reproduction d'un article rendu illisible, à la colonne 3, page 2, feuille B, de l'édition du matin du 10 mai 1915, et la reproduction du même article dans le journal vendu en Hollande ([pl. XIII]). Voici la traduction de l'article noirci:
Le chlore.