Et elles regardent résignées dans la rue pleine de boue et sur la place morne où le vent siffle; elles regardent vers le square au bassin plein de feuilles mortes, vers le lamentable square plein de feuilles mortes, elles regardent résignées.

Les maisons sont tristes comme des bêtes.

III
ROMANCE

Les subtils, les très vagues parfums des mouchoirs qu'on retrouve au fond des malles poussiéreuses rappellent les serments emportés aux jours,—telles des fleurs aux bises hiémales,—les serments de nos amourettes d'autrefois.

Doucement surgissent les anciennes souvenances, souvenances de bonheur et de tourment; doucement du fond poussiéreux des malles, douces et dépouillées,—telles des ramures aux bises hiémales,—elles surgissent les anciennes souvenances.

Et mélancoliquement se plaignent les souvenances délaissées, souvenances de bonheur et de tourment; mélancoliquement du fond poussiéreux des malles, mélancoliques,—telles parmi les ramures les bises hiémales,—des replis des anciens mouchoirs aux surannés parfums, elles se plaignent les souvenances délaissées.

IV
MALÉFICE

Ils avaient bu toute la nuit, Styx le poète désolé et Laas le poète calme, ils avaient bu à la coupe d'or de la fée Eaudevie, cette compatissante qui change les cailloux en pierreries,

Qui porte la lune

Dans son tablier,