—Des… comme toi, riposta Fernand, en lui passant la main sous le corset.
Alors Louise en fit sauter les agrafes. Ses beaux seins fermes bondirent comme des cavales fringantes. Elle dénoua sa lourde chevelure et colla sa bouche fardée sur les lèvres de Fernand, l'excitant de la morve de ses baisers.
....... .......... ...
Une heure après, M. de Lorn sortait de l'hôtel Saint-Baume, épouvantablement gris, mais la tête haute et le chapeau sur l'oreille.
L'honneur était sauf.
Tout en marchant il se répétait avec satisfaction:
—C'est égal, je suis content. Ce n'était pas pour tout de bon. C'est que cette pensée me donnait la chair de poule. Songez donc: trente-six ans et plus rien! Oh! non, pas encore! Et mais, dites donc, ça a marché avec cette petite grue de Louise, mais là très bien. Au bout du compte, je m'en lave les mains. Que ma femme s'arrange: c'est de sa faute. J'ai la preuve de ma vaillance. O ces jeunes filles du noble faubourg sont-elles godiches!
IV
Quelques jours après. Vers neuf heures du soir. Ils se trouvent en tête à tête dans le petit boudoir chaud comme un nid, devant le feu pétillant parmi les chenets. Fernand regarde sa femme qui lit un volume de Feuillet: très pâle, à la lueur tamisée de la lampe, son corps se dessine amoureusement sous la soie du peignoir clair à bouffettes roses. On voit le bras blanc jusqu'au coude. Les cheveux longs et soyeux traînent négligemment sur ses épaules. Le pied,—bas noir et mule blanche,—frétille nerveusement sur un pouf en tissu du Daghestan. Fernand la regarde toujours et la trouve gentille à croquer. Il se sent un appétit d'enfer et pourtant son estomac refuse toute nourriture.
—Nom d'un chien! pense-t-il, il faut que cela finisse. Tout ça, c'est de l'appréhension. Puis, il me semble qu'après ma victoire de l'autre nuit, à l'hôtel Saint-Baume, je serais bien bête de ne pas essayer…