—Laissez-moi vous accompagner.
—Non, je ne suis pas libre… je suis mariée.
—Quand vous reverrai-je.
—Vous avez bien su me trouver; vous le saurez encore, à moins que l'oubli…
—Oh! non. Me direz-vous comment vous vous appelez, afin que…
—Supposez que je m'appelle… Marceline…; oui, Marceline…
Du fiacre où elle s'installe en tapotant ses jupons, elle a pour Doriaste un franc regard, très long.
Et la voiture cahote, jaune, par les rosâtres grisailles de la vesprée.
En vain le journaliste espère-t-il qu'elle soulèvera le voile capitonné qui ferme le judas dans le panneau du fiacre… Rien.
Marceline? Marceline! songe-t-il, prénom cher à la littérature bourgeoise. Le père, il l'imagine ingénieur, ou sous-chef, ou magistrat, honnête homme certes, grand lecteur du Temps et des discours académiques, et croyant aux destinées du pays. Sans doute il psalmodiait le soir, sous la lueur cuivreuse de la lampe, les phrases sentimentales de George Sand, devant sa femme, et, par-dessus la nappe, ils se serraient la main. A la suite d'une telle lecture Marceline a dû être conçue dans un lit d'acajou linceulé de cretonne bleue.