— Voyons, messieurs, soyons corrects. Echangez vos cartes ; c'est le plus simple.

Celui qui venait se mêler des affaires d'autrui avec cette désinvolture cavalière, était un grand garçon blond dont les poings herculéens commandaient le respect. Il salua Albarel de la tête. Albarel reconnut M. de Saint-Lager. Il l'avait rencontré autrefois dans un cercle.

Les cartes furent échangées : Maurice Albarel. Pierre Coulesko.

Les curieux se dispersèrent désappointés. De Saint-Lager vint s'asseoir à la table d'Albarel. Henriette était devenue blanche comme de la craie ; ses menottes trémulaient.

— Mon cher, dans ces affaires, il faut être correct avant tout. Les paroles sont inutiles, dit sentencieusement de Saint-Lager.

— Vous avez raison.

— Je m'y connais. Je me suis battu quatre fois et j'ai servi de témoin dans douze ou quinze duels… je ne me rappelle plus exactement, reprit de Saint-Lager en frisant sa moustache.

— Voulez-vous me rendre un service?

— Je devine.

— Voulez-vous me servir de témoin?