Ils étaient inexorables: tout ce qui échappa au feu fut moissonné par le fer.
La douleur et l'indignation se disputaient à l'envi mon cœur. L'exécration se mêlait à mes vœux: transporté de fureur moi-même, je commande à ma troupe de fondre sur ces barbares, ils refusent d'obéir; seul, je tournai mes mains contre eux, et en immolai quelques-uns aux mânes plaintives de tant d'innocentes victimes.
Non, je ne pense jamais à ces horribles excès sans frémir. Hélas! sont-ce donc là les fruits de l'amour de la patrie et de la justice dont ces scélérats avaient l'audace de se couvrir?
Encore s'il n'eût péri que le soldat! mais l'artisan, mais le laboureur, mais les vieillards, les femmes, les enfants! Que d'innocents furent immolés à la fureur de ces brigands! Ah! les dieux le virent, et ils n'en eurent pas pitié.
De Radomis, le 3 juillet 1770.
P. S. Depuis l'instant que Lucile reçut mes adieux je n'ai point eu de ses nouvelles; je ne sais que penser de ce long silence, mes inquiétudes sont indicibles. Informe-toi et me tire d'embarras.
FIN DU PREMIER VOLUME.
COULOMMIERS—IMPRIMERIE DE A. MOUSSIN.