Retiens tes cris, et par d'indignes larmes
De cet heureux moment ne trouble point les charmes.
Si tu m'aimais, Phoedime, il fallait me pleurer
Quand d'un titre funeste on me vint honorer,
Et lorsque m'arrachant du doux sein de la Grèce,
Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse.
Retourne maintenant chez ces peuples heureux;
Et si mon nom encor s'est conservé chez eux,
Dis-leur ce que tu vois, et de toute ma gloire,
Phoedime, conte-leur la malheureuse histoire.
Et toi, qui de ce coeur, dont tu fus adoré,
Par un jaloux destin fus toujours séparé,
Héros, avec qui même en terminant ma vie,
Je n'ose en un tombeau demander d'être unie,
Reçois ce sacrifice, et puisse en ce moment
Ce poison expier le sang de mon amant!

SCÈNE III

MONIME, ARBATE, PHOEDIME, ARCAS
ARBATE

Arrêtez! arrêtez!

ARCAS

Que faites-vous, Arbate?

ARBATE

Arrêtez! J'accomplis l'ordre de Mithridate.

MONIME