Et l'on oyait des cris de femmes chiffonnées dans la bagarre.
Le curé, révolté par l'impiété de sa paroisse, s'empressa d'écourter la messe. Il mangea ses oremus avec indignation: «Ce sacré Poutoun! Il est bien capable de donner une râclée au grand Lourens de Labourdette!» pensait-il, en tournant les pages de son missel. Puis tout haut:
—Ite, missa est!
—Deo gratias!... Ouf! ouf! fit Yan anxieux, qui s'était déjà élancé sur ses béquilles.
* * * * *
Sur la place, on se battait avec entrain. Les lauriers s'entre-choquaient violemment; et l'on entendait un grand tumulte de jurons, de menaces, de plaintes, d'éclats de rire, pendant que les cloches benoîtes, dans leur vieux pigeonnier, semblaient nasiller un Angelus.
Yan s'avança. On se bousculait autour de son char. Des branches de laurier craquaient. D'autres, effeuillées et meurtries, semblaient des drapeaux
en haillons. Css! css! Toute la place était jonchée de rameaux, de fleurs, de petits pains. Oh! ce qu'il advenait du travail artistique de Yan!
—Hardi! Poutoun!
—Hardi, Lourens!