Et il avait allumé une bougie, très vite.

Alors il s'était assis sur une chaise, et longuement il avait pressé son front entre ses mains.

—Grand Dieu! cria-t-il tout à coup, mais ce doit être vrai, cette aventure d'hier soir!

Oui; Emile en trouva les preuves. A son coude, cette meurtrissure: ne l'avait-il pas reçue en butant contre un chêne, tandis qu'il emportait Florence dans ses bras? Et cette déchirure à son paletot? Mais il s'en rappelait encore l'histoire: une aubépine jalouse, qui l'avait griffé au passage! C'est cela même: tout près du vieil arbre abattu sur lequel ils s'étaient assis. Oh! les éblouissements de la mémoire!

Alors, avec délices, Emile avait agrandi la déchirure du paletot, ravivé la meurtrissure de son bras. Puis il s'était décidé à ne plus bouger jusqu'à l'aube.

Elle vint, très blanche. Il la vit monter à l'orient. Et aussitôt, il s'habilla, puis quitta la maison.

Il but l'air matinal à pleines bronches.

Pour la première fois, peut-être, il écouta chanter les oiseaux.

Il remarqua un long nuage, aplati à l'horizon comme une couleuvre rose: la traînée de brouillard qui indiquait le Lü. Et à grands pas rythmés, il se dirigea vers la forêt bénie.

Il le trouva vite, le coin solitaire où Florence lui était apparue la veille.