Yan se dressa.
—Imbécile! dit-il.
Et, rageusement il essaya de prendre ses béquilles lui-même.
—Papa! cria Emile. Je ne veux pas, entendez-vous? Je ne veux pas que vous alliez chez les Catalan. Jamais je n'en épouserai d'autre!
—Mais, petit nigaud...
—Oh! taisez-vous! Si vous saviez ce qui se passe en moi! Je serais capable de tout, papa! de tout, si vous vous opposiez à ce mariage! Non; c'est entendu, je l'épouse. Vous allez demander
sa main! M. Brion est chez lui, dans sa tonnelle. Ne perdez pas une seconde. Faites vite!... Ah! j'oubliais: je vais vous prêter mon chapeau. Et puis, vous allez quitter cette blouse. Vous tâcherez de vous exprimer en français ensuite. Car le député n'aime guère vos airs de paysan. C'est même une des conditions...
—Hein? nasilla Yan, dont les yeux flamboyèrent.
Emile sans se troubler, continua:
—Oui, j'avais oublié. M. Brion consent à ce que j'épouse sa fille, pourvu que vous vous civilisiez un peu. Plus de béret, plus de chamarre, plus de sabots, et plus de familiarités avec les domestiques surtout! Vous allez acheter une voiture, nous aurons un cocher, vous porterez une redingote, vous...