Florence ne dit rien. Elle osa seulement prendre une main de Yan dans ses mains veloutées. Et lentement, elle baissa la tête, pour ne pas laisser voir ses grands yeux illuminés de larmes.
Alors Yan fut si heureux qu'il lui baisa les doigts.
—Oh! pardon! balbutia-t-il, je n'aurais jamais cru... Oh! mademoiselle!...
Il se tut lui aussi, car il se sentait venir une voix ridicule dans le gosier, une voix entrecoupée de sanglots.
Il s'en alla. Que pouvait-il apprendre encore? Rien. Les larmes lui avaient tout dit. Il s'en alla. Et ses oreilles étaient si pleines de musique, ses yeux si éblouis de beauté, qu'il n'entendit, qu'il ne vit rien de ce qui se passa autour de lui. Il comprit à peine que Florence lui redonna le bras pour s'en retourner, qu'elle lui cueillit des poignées de fleurs en passant au jardin, et qu'elle le fit précéder dans
la forêt par un domestique tenant à la main une lanterne.
Puis il crut bien que la jeune fille lui disait un bonsoir très harmonieux dans lequel elle appelait Yan: papa.
Mais cette supposition était si ambitieuse qu'il n'osa trop l'admettre; et il se surprit en train de prier Dieu, de prier Dieu en français, certes! quand, titubant de félicité, il arriva dans la vieille avenue du Bignaou.
Mais à peine eut-il fait quelques pas dans cette avenue, qu'il poussa un cri terrible.
—Diou biban!