«Embrasse pour moi l'aimable Juliette[53]. Zénaïde lui a écrit il y a deux jours. Adieu, ma chère soeur, tu connais mes sentiments pour toi, ils sont inaltérables.
«JULIE.»
Le prince Charles-Napoléon Bonaparte, dont il est ici question, est le même qui périt dans l'insurrection de la Romagne en 1831. Il était frère aîné du prince Louis-Napoléon, aujourd'hui empereur des Français.
Les détails dans lesquels nous avons cru nécessaire d'entrer sur les circonstances où le généreux intérêt de Mme Récamier trouva à s'exercer, nous ont fait devancer le temps; il faut revenir à l'époque du retour de M. de Chateaubriand à Paris, après son ambassade à Berlin.
Un nouveau changement de ministère amenait définitivement les royalistes au pouvoir.
Une ordonnance du 15 décembre 1821 donnait à M. de Villèle les finances, l'intérieur à M. de Corbière, la justice à M. de Peyronnet, les affaires étrangères à M. Mathieu de Montmorency.
M. de Chateaubriand, nommé, dans le courant de janvier, ambassadeur à Londres en remplacement du duc Decazes, partit pour son poste le 2 avril 1822.
Ici commence une nouvelle série de ses lettres.
LE VICOMTE DE CHATEAUBRIAND À Mme RÉCAMIER.
«Mardi matin, 2 avril.