Le Jardin aux Chats. — Entre Sous la Chapelle et le Pensionnat se trouve un jardin minuscule que les enfants, accoutumées aux vastes espaces, trouvent extrêmement comique.

Tout y est petit, petit : petites allées, petites plates-bandes, petites corbeilles où poussent de petites plantes qui donnent de petites fleurs. On y voit éclore tour à tour et suivant les saisons le réséda, le basilic, la violette, le muguet et cette hampe mignonne qui porte le nom significatif de « désespoir des peintres ».

Les fillettes ont dénommé ce coin Jardin aux Chats, non que les chats s’y montrent volontiers, s’y trouvant trop près de leurs tyrans, mais il leur est avis que les chats seuls, grâce à leur petite taille et à leurs mouvements pleins de souplesse, sont aptes à circuler dans ce jardin de Lilliput.


Les Capucins. — Tout un quartier du couvent s’appelle les Capucins, du nom des moines qui en furent propriétaires avant les chanoinesses de Saint-Augustin.

Ce quartier comprend d’abord un immense potager entretenu à miracle ; et, comme les seuls arbres qui s’y trouvent : espaliers et quenouilles, ne donnent pas d’ombre, il est continuellement et vigoureusement ensoleillé. Dans la très large allée qui le sépare en deux — la Bonne Allée — on fait faire des cures de lumière et de soleil à celles qui en ont besoin. Les modestes religieuses du temps de Marie-Rose avaient, en cela, devancé les hygiénistes modernes.

Au-dessus du potager s’étend une vaste esplanade plantée de châtaigniers et de noyers plusieurs fois centenaires. C’est là, dans cette atmosphère saine et vivifiante, que se passe la récréation aux jours de beau temps. C’est là aussi que se trouvent les jardinets cultivés par les enfants avec beaucoup d’intérêt et de goût. L’« éducation de la terre » que l’on s’efforce de mettre à la mode n’est donc point une invention nouvelle. Elle était pratiquée, encouragée, récompensée dans le couvent de Marie-Rose et dans maints autres couvents. On y mettait en pratique le conseil de saint François d’Assise à ses fils spirituels : « Cultivez autour de vous des plantes nourrissantes, des plantes guérissantes et des plantes récréantes. »

Du potager, on gagne l’esplanade par une jolie petite avenue montante bordée de noisetiers et que, pour cette raison, on nomme l’Allée aux Coudres. Par les grandes chaleurs, l’ombrage de l’Allée aux Coudres semble délicieuse en contraste avec le soleil qui sévit brutalement alentour.

Mais ce que les enfants y aiment surtout, c’est la Notre-Dame qui leur sourit au milieu des mousses, des fougères, des sédums et des saxifrages dont ce coin charmant est tapissé.

Notre-Dame aux Coudres est la patronne des études, comme la Notre-Dame de Nazareth est la consolatrice des affligées. C’est elle que l’on implore, elle à qui l’on porte de petits bouquets pour obtenir une bonne composition.