—Malheureusement, c'est impossible; je laboure les terres d'un voisin. C'est un marché, je dois avoir fini dans trois jours.»
Pendant que le mari et la femme s'occupaient ainsi de César et d'Aimée, ceux-ci achevaient leur toilette.
«Viens ici, César,» dit Étienne.
L'enfant s'approcha.
«Voici ce qui se passe, mon garçon. Ma femme ne veut pas que vous alliez comme ça courir les grands chemins, où il ne saurait vous arriver rien de bon. Elle connaît une dame, Mme de Senneçay, qu'elle veut intéresser à votre sort. Mais pour ça, il faut que vous retourniez chez votre tuteur.
—Joseph! qu'est-ce qu'il va dire? s'écria César effrayé.
—Rien, si tu lui portes de l'argent. Voici deux francs; tu lui remettras cela comme si c'était le produit de ta journée.... D'ailleurs peu lui importe où tu l'aies gagné. Ma femme verra Mme de Senneçay la semaine prochaine; moi, j'irai jeudi voir comment ça va chez vous.... Nous ne vous laisserons pas longtemps avec votre tuteur; il ne s'agit que de deux semaines au plus. Si on s'occupe de vous, il faut que de votre côté vous fassiez quelques sacrifices. Allons, mes enfants, promettez-moi de retourner chez Joseph?
—Nous ferons ce que vous voudrez, dit César.
—C'est bien, voilà les deux francs. A jeudi.»
Sur ce, on se sépara.