«Tiens, tiens! s'écria le jeune garçon en riant, c'est drôle, ça, tout de même! Dites donc, vous autres, est-ce que vous n'allez pas bientôt partir?»
Les enfants étaient timides, ils n'osèrent répliquer.
«Viens, Balthasar, allons-nous-en,» dit César avec découragement.
Balthasar fit comme s'il n'avait pas entendu.
«Bon! fit le jeune garçon, je vois ce que c'est. Toi, mon Balthasar, tu es un chien d'esprit; tu te dis en toi-même: assez comme cela de pluie, de vent et de crotte; au tour des autres si le coeur leur en dit! Moi, je suis bien ici et j'y reste. C'est-y pas vrai, hein, mon vieux, que tu te dis cela?»
Et il passa la main sur le dos du caniche.
«Et ces enfants qui sont nos maîtres, allons-nous donc les laisser partir comme cela?
—Nous ne partirons pas sans lui, dit Aimée, qui reprenait peu à peu possession de ses idées.
—Et le papa? et la maman qui nous attendent en faisant le feu et en préparant la soupe aux choux?... Ah! mais non, vous ne resterez pas ici.... C'est moi qui n'entends point ainsi les choses!... On viendrait vous y chercher.... ça me dérangerait.... Pas d'imprudence, mes mignons; ne compromettez pas les honnêtes gens qui laissent le prochain dormir en paix.
—Personne ne nous attend, dit César.