—Ce n'est pas une preuve, ça!...
—Comment ce n'est pas une preuve!
—Allons, allons, mon brave homme, rendez Nador à Lucifer, qui en est le véritable propriétaire.»
La belle fille et sa mère,—une horrible vieille, ridée et maquillée,—toutes deux le poing sur la hanche, apostrophaient Jean en termes aussi violents que grossiers.
«Si vous ne rendez pas Nador, nous allons vous conduire au poste, disaient les amis de Lucifer.
—Faites!» répondait Jean toujours calme.
César et Aimée tremblaient comme les feuilles des arbres pendant l'orage.
«Faites! dites-vous? Eh bien! nous allons voir!»
Et ces individus qui n'avaient aucune raison de préférer Lucifer à Jean, mais qui cherchaient tout simplement à donner carrière à leur humeur batailleuse, s'apprêtaient à tomber sur le brave homme à bras raccourcis, lorsqu'un gendarme, qu'on avait été chercher, entra dans la baraque. Aussitôt trois enfants, deux jeunes garçons et une fillette, coururent à sa rencontre.
«Monsieur le brigadier, dit le plus âgé, il faut que vous fassiez rendre justice à ces enfants. Ce chien leur appartient. Ils l'avaient avec eux lorsqu'ils étaient aux Granges, chez mon père.