«Tu le connais. Pas un brin de barbe, des yeux bleus, une peau blanche, et d’une maigreur ascétique.

«Il s’était mis de grands cheveux blonds, une auréole à jour, qui tenait, je ne sais comment... Avec sa palme sur l’épaule, son air douloureux, et son habit noir, bien correct, tu n’as rien vu de plus comique.

«Le soir on était arrivé à discuter toutes les sortes de travestissements en général, et les bals costumés en particulier, condamnés irrévocablement par la baronne Lassenay.

«—Rien de moins joli, avait-elle déclaré péremptoirement, si l’on n’a soin d’en faire une unité, ou par la couleur, ou par l’époque, ou par le pays. Tout le monde est charmant isolément. Réunis, on devient horribles de bigarrure et de heurté, et aucune élégance n’empêchera qu’on retombe à la mascarade du mardi gras dans la rue!... Quel coup d’œil au contraire, quand...

«—Eh bien! avait interrompu fort irrévérencieusement Suzanne de Saucourt, venez tous dîner chez moi lundi prochain en bonnets de coton!... On verra bien.

«—Faut-il apporter son bougeoir?

«—Ce sera un dîner gai!...

«—En bon-nets de co-ton?...

«—Oui, femmes et hommes. Ne le portent-ils pas tous les deux ici?...

«—Mais, nous nous ressemblerons tous!