Mais comment se ferait le choix? Tirage au sort? Cote personnelle? Notes de travail? De quoi allait-on tenir compte?

Les bruits les plus divers couraient. Il nous revenait des Loges, que la sélection là-bas serait faite artistement, «à la beauté».

Très décorative, cette idée; mais qui ne serait pas de mise chez nous, la «Maison» avec un grand M, tu sais?

Le sort, c’était l’espoir pour toutes, l’égalité dans l’infortune.

Le travail, la justice pure, la récompense scolaire, dans toute sa gravité décente.

Dans le doute, et en attendant, le flot des suppliantes se pressait à la chapelle, s’efforçant de diriger le ciel par ses prières.

«Sainte Vierge, faites que ce soient les bien notées qu’on demande», disaient les très sûres d’elles-mêmes...

«Sainte Vierge, dites le grade des pères... La hiérarchie, c’est quelque chose... Celles qui savent danser le pas de quatre. Celles qui...» Chacune invoquant sa vertu spéciale jusqu’au troupeau général qui, n’ayant rien à perdre, réclamait le sort à grands cris, avec les mystères de son sac.

Puis des prières, des stations, à genoux sur le carreau, presque le front dans la poussière... Et des offrandes pour «après»!... Des neuvaines, des rosaires, des sacrifices d’objets aimés; des livres et des livres de cierges!...

Des promesses à corrompre un saint! sans préjudice, rentrées dans les classes, d’échange d’objets qui «portent veine», de mots contre le mauvais sort, de gris-gris sauvages à porter. Des pratiques de sorcières... Une folie véritable, et qui ne l’a pas vue, n’a rien vu!...