—Je désirerais savoir où ils l'ont mis, dit George.
—Si nous le cherchions? dit Harris, saisi d'une heureuse inspiration.
L'idée nous sembla pratique. Nous convînmes d'explorer la région dans différentes directions et de nous retrouver au sommet pour nous faire part du résultat de nos recherches. Après une demi-heure nous étions de nouveau réunis. Les paroles étaient inutiles. Nos figures montraient assez clairement qu'enfin nous avions découvert un coin de nature allemande inviolé par les appétits.
—Je ne l'aurais jamais cru, dit Harris; et vous?
—Je pense que ce doit être le seul coin de tout le Vaterland qui en soit dépourvu.
—Et nous trois, étrangers, nous l'avons découvert sans effort, risqua George.
—Nous voici à même, observai-je, de régaler nos sentiments les plus délicats sans être dérangés par les sollicitations de notre vile matière. Voyez le jeu de la lumière sur ces pics lointains. N'est-ce pas ravissant?
—A propos de nature, dit George, quel est selon vous le chemin le plus court pour redescendre?
—Le chemin de gauche, répliquai-je après avoir consulté le guide, nous conduit en deux heures environ à Sommersteig, où, entre parenthèses, je remarque que l'Aigle d'Or est très recommandé. Le sentier de droite, un peu plus long, nous offre des panoramas plus vastes.