CHAPITRE CINQUIÈME
Digression nécessaire amenée par une histoire très morale. Un des charmes de ce livre. Une revue littéraire qui ne provoque pas l'admiration des foules. Ses vantardises: l'instructif et l'amusant combinés. Problème: dire ce qui est instructif, dire ce qui est amusant. Opinion autorisée sur la loi anglaise. Un autre charme de ce livre. Une vieille chanson. Encore un troisième attrait du livre. Quel était le genre de forêt dans laquelle habitait la vierge. Description de la Forêt Noire.
On raconte qu'un Ecossais, amoureux d'une jeune fille, désirait l'épouser. Mais il était prudent comme tous ceux de sa race. Il avait remarqué que dans son entourage trop d'unions des plus prometteuses avaient souvent eu pour conséquence désespoir et désillusions, et ceci uniquement parce que les fiancés s'étaient imaginé chacun épouser un être parfait. Il se jura que dans son cas il n'en serait pas de même. Et voilà pourquoi sa demande prit la forme suivante:
—Je ne suis qu'un pauvre gars, Jennie; je n'ai ni fortune ni terre à t'offrir.
—Oui, mais il y a toi, Davie!
—Eh! je désirerais qu'il y eût autre chose, petite. Je ne suis qu'un propre-à-rien et un mal fichu, Jennie.
—Que nenni, il y en a bien qui ne te valent pas, Davie.
—Je n'en connais pas, petite, et je me dis même que je ne tiendrais pas à en connaître.
—Mieux vaut un homme modeste mais franc et sûr, Davie, qu'un autre qui tourne autour des filles et vous amène des ennuis dans le ménage.