Hæc repetenda mihi tellus est vindice dextra,

Hoc bellum, hæc virtus, hæc mea Parthenope.

XX
AUX SOLDATS FRANÇAIS LORS DE LEUR DÉPART POUR LA GUERRE DE NAPLES[13]

Vous, qu’arracha de la douce patrie et de vos chères campagnes le furieux amour de la guerre qui vous envoie en Italie,

allez ! que la fortune soit avec vous, et, puisque le destin vous appelle, allez où vous appelle aussi cette Naples, qui est française.

Là, pourvu que vous ayez un peu du courage de vos aïeux et que vous touche au cœur l’amour de ce Mars qui animait vos pères,

vous verrez ce que les armes malheureuses de tant de capitaines ont en vain essayé de reprendre, tomber, remparts conquis, sous votre main.

Alors, vous châtierez la Sicile et son crime, et sur les tombeaux de vos pères vous offrirez, comme Achille, les sacrifices dûs. Telle est votre part.

Quant à moi, je suis soldat de Vénus, j’abhorre Mars, et je ne conçois pas une si grande entreprise.

Je tenterai de délivrer de ses liens ma maîtresse qui est prisonnière, car elle m’est plus précieuse, et de beaucoup, que mes yeux mêmes.