C’est pour cette raison qu’à présent Je voudrais qu’on trouvât ici, Gordes, et tout ce qu’a chanté le tendre Catulle, et tout ce qu’a chanté le tendre Tibulle, tout ce que chante Ovide, et Properce, et Gallus, et Jovian, et Actius, tout ce que chante Marulle, et Pétrarque, tout ce que chante Bèze et que chante Macrin, (car il faut que je cite aussi nos poëtes), et Ronsard, qui est majestueux, et le majestueux Thyard, et le délicat Baïf ; et pour moi, (s’il y a ma place au milieu de ces poëtes qui ont fait leurs preuves), je souhaiterais recouvrer mes ardeurs de jadis, Gordes, afin de pouvoir mieux célébrer et ma Faustine et ma Colombe, et ta Faustine et ta Colombe.
APPENDICE
Le recueil des Amores, troisième partie des Poemata, se compose de 35 poëmes : 26 seulement peuvent être reproduits dans les Amours de Faustine. Les autres sont de courtes pièces érotiques ou satiriques où rien n’a trait à Faustine. Nous avons cru devoir les supprimer des Amours de Faustine. Cependant nous donnons ici, en appendice, trois pièces d’inspiration amoureuse dont la suppression totale ne s’imposait pas, et nous les faisons suivre du Patriæ Desiderium (la Patrie Regrettée), poëme fameux que Joachim du Bellay écrivit à Rome et d’où il tira plusieurs sonnets, bien connus, de ses Regrets.
I
PIÈCES SUPPRIMÉES
1
DE AMORIS VIOLENTIA EX ANACREONTE
Frontem cornigeram dedit juvencis
Natura, alitibus dedit volatum,
Fecit cornipedes equos, fugaces
Auritos lepores, natalitesque
Pisces, fulmineos sues, leones