FRITZ. Une roue de fer? Il y en a une magnifique dans notre cuisine; elle appartenait à un tournebroche, et je vous la procurerai facilement, pourvu que ma mère ne s'en serve point.
MOI. Je verrai ce que je pourrai faire; mais maintenant, enfants, redoublez de bras, et luttez courageusement contre les flots, jusqu'à ce que la pirogue puisse marcher sans vous fatiguer.»
Fritz voulut alors savoir à quel règne appartenait le corail; «car j'ai lu quelque part, me dit-il, que c'est une espèce de ver.
MOI. Le corail se forme par l'agglomération des cellules de petits polypes qui vivent en familles nombreuses. Ils bâtissent leurs cellules l'une contre l'autre, et forment ainsi des couches qui ressemblent aux branches d'un arbre.
ERNEST. Mais ces arbres n'ont jamais plus de deux à trois pieds.
MOI. Il est merveilleux de voir comment la nature sait produire des choses immenses avec de petites causes. Le travail de ces petits insectes donne pour résultat, au bout de longues années, des rochers énormes qui interceptent la navigation, et qui sont fort dangereux pour les navires quand ils sont à fleur d'eau.»
Tandis que nous parlions, il s'éleva une petite brise dont nous nous hâtâmes de profiter, et nous arrivâmes au rivage. Nos enfants racontèrent tout ce qu'ils avaient vu et fait, et leurs coquillages firent l'admiration de Franz; mais quand j'annonçai mon projet de retourner le soir même à l'îlot, ma femme déclara qu'elle voulait partager les périls de l'expédition. J'approuvai son idée, et je lui dis de préparer de l'eau et des provisions pour deux jours; car la mer est un maître capricieux, et elle pourrait fort bien nous forcer à rester sur l'îlot plus de temps que nous n'en avions le dessein.