FAUST détournant la tête.

Vision terrible!

L'ESPRIT.

Tu m'as puissamment attiré tes lèvres, sur ma sphère, ont aspiré long-temps et maintenant...

FAUST.

Ah! je ne puis soutenir ton aspect.

L'ESPRIT.

Tu souhaitais ardemment de me voir, d'ouïr ma voix, de contempler mon visage. Je me rends au vœu pressant de ton cœur, me voici! Quelle ignoble frayeur t'a saisie, ô créature surhumaine! Qu'est devenu l'élan de ton âme? Où est cette âme ambitieuse, qui se créait un monde, qui le portait en elle, et le caressait avec amour; cette âme qui, saisie d'un tremblement de joie, aspirait à nous égaler, nous autres Esprits? Où es-tu, Faust? Toi dont la voix m'a frappé, toi 'qui t'es élancé jusqu'à moi de toutes les forces de ton être; est-ce bien toi, qui, jouet de mon souffle, trembles maintenant dans les profondeurs de la vie, vermisseau timide et rampant?

FAUST.

Me siérait-il de te céder, flamme légère? Je le suis; oui, je suis Faust, je suis ton égal!