LA CHAMBRE DE MARGUERITE.
MARGUERITE seule, assise près de sa quenouille.
MARGUERITE.
Que je me sens émue!
Cette tranquille paix
Que j'ai connue
Elle est perdue,
Perdue à jamais.
Sans lui l'existence
N'est qu'un lourd fardeau
Ce monde si beau
N'est qu'un tombeau
Dans son absence.
De mon pauvre esprit
Le ressort s'arrête,
Ma pauvre tête
S'appesantit.
Que je me sens émue!
Cette tranquille paix
Que j'ai connue,
Elle est perdue,
Perdue à jamais.
Dehors regardé-je,
C'est pour le revoir;
Au loin m'égaré-je,
C'est dans l'espoir
De le ravoir.
Sa taille admirable,
Son port gracieux,
Son sourire aimable,
L'ardeur de ses yeux;
Et de son langage
Le tour aisé,
Son beau visage,
Las! et son baiser...
Que je me sens émue!
Cette tranquille paix
Que j'ai connue,
Elle est perdue,
Perdue à jamais.
Mon cœur soupire,
Rongé d'ennui.
Si devant lui
J'osais le dire,
Et l'embrasser,
Et le presser
À mon envie!...
Entre ses bras
Puissé-je, hélas!
Perdre la vie!...
LE JARDIN DE MARTHE.
MARGUERITE, FAUST.