MARGUERITE.

Vite, vite, sauve ton pauvre enfant. Pars; suis d'abord le grand chemin le long du ruisseau, remonte ensuite le sentier au fond du bois, sur la gauche, à l'endroit de la bonde, dans l'étang; prends-le vite par la main, il la tendra vers toi, il se débat encore... Sauve-le! Sauve-le!

FAUST.

Reviens à toi. Un seul pas, et tu es libre.

MARGUERITE.

Si nous avions seulement passé la montagne! Là, ma mère est assise sur une pierre... Le froid me saisit à la nuque. Là, ma mère est assise sur une pierre, et elle branle la tête: elle ne fait point signe du doigt, elle ne cligne point de l'œil; sa tête est lourde... elle dort depuis si longtemps! Plus de réveil!... Elle dormait autrefois pour nos plaisirs... C'étaient d'heureux temps!

FAUST.

Puisque les pleurs, puisque les prières ne peuvent rien sur toi, je saurai t'emporter hors d'ici.

MARGUERITE.

Laisse-moi! Non, je ne souffrirai point la violence; ne porte pas sur moi tes mains meurtrières, ne me saisis pas ainsi!... Souviens-toi que j'ai tout fait pour te plaire.