LA CUISINE D'UNE SORCIÈRE.

Au fond d'un âtre aplati, bouillonne une grande marmite posée sur le feu. Dans le tourbillon de vapeur, qui s'en élève et roule au haut des voûtes, apparaissent divers fantômes. Une GUENON[16], assise auprès de la marmite l'écume et veille attentivement à ce qu'elle ne déborde point. Le MALE, avec ses petits, est assis à côté d'elle et se chauffe. Aux murs et au plafond sont suspendus les outils étranges, dont se compose le mobilier de la Sorcière.


FAUST et MÉPHISTOPHÉLÈS entrent.

FAUST.

J'ai horreur de cet appareil de sorcellerie. Quelles jouissances m'oses-tu promettre, au milieu de ce confus amas de figures extravagantes? Quel conseil puis-je attendre d'une vieille femme? Est-ce avec un breuvage préparé dans cette cuisine infecte, qu'on m'ôtera de dessus le corps trente années? Malheur à moi, si tu ne sais rien de mieux! J'ai déjà perdu tout espoir. Le baume est il donc une chose si rare, que la nature n'en puisse offrir, qu'un Esprit surhumain n'en puisse trouver une seule goutte à verser sur mes plaies?

MÉPHISTOPHÉLÈS.

Hé, mon ami, quel nouvel accès de bon sens!... Mais, sérieusement parlant, il y a bien aussi, pour se rajeunir, un moyen naturel; seulement il est exposé dans un tout autre livre, et c'est un étrange chapitre de ce livre-là.

FAUST.