AVERTISSEMENT

Les six gravures de William Hogarth, dont nous publions en hors texte la reproduction, nous ont paru être le commentaire le plus vivant de l'œuvre de John Cleland. Gravées en 1734, elles présentent, à vrai dire, avec une agréable truculence, les étapes de la vie d'une courtisane anglaise au XVIIIe siècle, depuis le jour où, simple fille de campagne, elle est débauchée par une éloquente entremetteuse, jusqu'à celui de ses funérailles.

Nos reproductions ont été faites d'après les gravures figurant dans les collections de la Bibliothèque nationale, où elles sont accompagnées de quelques explications, traduction ou plutôt interprétation des légendes en anglais figurant au-dessous des gravures originales. Nous publions le texte de ces explications, pour aider à la compréhension de certains détails typiques.

Les Progrès d'une Garce
d'après les dessins de M. Hogarth.

I. L'Innocente trahie

Voyez cette fille de campagne: que ses regards sont innocents! que ses habits sont propres quoique unis! N'êtes-vous pas indigné de voir la maquerelle qui n'oublie rien pour la débaucher? Elle couvre ses desseins sous le voile de la piété et ne parle que de prières et de dévotions, jusqu'à ce que la pauvrette soit vendue et livrée à Francisque.

Voyez ce vieux paillard, comme il lorgne la belle: il est l'emblème véritable d'un satyre impudique.

Le curé de campagne arrive à la ville avec une méchante rosse. Jugez ce qui l'amène: moins à faire et mieux payé.