48. Et maintenant, pour finir, si vous vous souciez de le voir, nous entrerons dans le porche de la Madone—seulement, si vous venez, bonne protestante ma lectrice, venez civilement; et veuillez vous souvenir—si vous avez dans l'histoire connue, matière à souvenirs—si vous ne pouvez pas vous souvenir, recevez du moins l'assurance solennelle:—que le culte de la Madone, ni le culte d'aucune Dame, morte ou vivante, n'a jamais nui à une créature humaine—mais que le culte de l'argent, le culte de la perruque, du chapeau tricorne et à plumes, le culte des plats, le culte du pichet et le culte de la pipe, ont fait, et font beaucoup de mal et que tous offensent des millions de fois plus le Dieu du Ciel de la Terre et des Étoiles, que toutes les plus absurdes et les plus charmantes erreurs, commises par les générations de Ses simples enfants, sur ce que la Vierge-mère pourrait, ou voudrait, ou ferait, ou éprouverait pour eux.

49. Et ensuite, veuillez observer ce simple fait historique sur les trois sortes de Madones.

Il y a d'abord la Madone douloureuse—le type byzantin, et de Cimabue. Il est le plus noble de tous, et le plus ancien qui ait eu une influence populaire reconnaissable[290].

2° La Madone Reine qui est essentiellement la Madone franque et normande, couronnée, calme, pleine de puissance et de douceur. C'est celle qui est représentée dans le porche.

3° La Madone Nourrice qui est la Raphaëlesque[291] et généralement plus récente et de décadence, on en voit ici un bon modèle français dans le porche du sud, comme nous l'avons déjà remarqué.

Vous trouverez dans M. Viollet-le-Duc (l'article Vierge dans son Dictionnaire, mérite tout entier l'étude la plus attentive) une admirable comparaison entre cette statue de la Madone Reine du porche sud et la Madone Nourrice du transept. Je pourrai peut-être obtenir une photographie de ces deux dessins, mis en regard, mais si je le puis, le lecteur voudra bien observer qu'il a un peu flatté la Reine et un peu vulgarisé la Nourrice, ce qui n'est pas juste. La statue de ce porche, dans le style du XIIIe siècle, est très belle, mais il n'y a pas de raison pour lui donner autrement d'importance, les types byzantins plus anciens avaient beaucoup plus de grandeur.

L'histoire de la Madone, en ses événements principaux, est racontée dans les séries des statues qui sont autour du porche et dans les quatre-feuilles placés au-dessous d'elles. Plusieurs d'entre eux se rapportent toutefois à une légende relative aux Mages que je n'ai pas pu pénétrer et je ne suis pas sûr de leur interprétation.

Les grandes statues à gauche, en lisant vers le dehors comme d'habitude, sont:

29. L'Ange Gabriel.

30. La Vierge Annonciade.