[30]Le Ruskin de M. de la Sizeranne. Ruskin a été considéré jusqu'à ce jour, et à juste titre, comme le domaine propre de M. de la Sizeranne et, si j'essaye parfois de m'aventurer sur ses terres, ce ne sera certes pas pour méconnaître ou pour usurper son droit qui n'est pas que celui du premier occupant. Au moment d'entrer dans ce sujet que le monument magnifique qu'il a élevé à Ruskin domine de toute part je lui devais ainsi rendre hommage et payer tribut.
[31]Depuis que ces lignes ont été écrites, M. Bardoux et M. Brunhes ont publié, l'un un ouvrage considérable, l'autre un petit volume sur Ruskin. J'ai eu l'occasion de dire récemment tout le bien que je pensais de ces deux livres, mais trop brièvement pour ne pas souhaiter d'y revenir. Tout ce que je puis dire ici c'est que toute ma haute estime pour le bel effort de M. Bardoux ne m'empêche pas de penser que le livre de M. de la Sizeranne était trop parfait dans les limites que l'auteur s'était à lui-même tracées pour avoir rien à perdre de cette concurrence et de cette émulation qui semble se produire sur le terrain de Ruskin, et nous a valu entre autres de curieuses pages de M. Gabriel Mourey et quelques mots définitifs de M. André Beaunier. MM. Bardoux et Brunhes ont déplacé le point de vue et par là renouvelé l'horizon. C'est, toutes proportions gardées, ce que j'avais, un peu avant, essayé de faire ici même.
[32]Pour être plus exact, il est question une fois de Saint-Urbain dans les Sept Lampes, et d'Amiens une fois aussi (mais seulement dans la préface de la 2e édition), alors qu'il y est question d'Abbeville, d'Avranches, de Bayeux, de Beauvais, de Bourges, de Caen, de Caudebec, de Chartres, de Coutances, de Falaise, de Lisieux, de Paris, de Reims, de Rouen, de Saint-Lô, pour ne parler que de la France.
[33]Dans Saint-Mark's Rest, il va jusqu'à dire qu'il n'y a qu'un art grec, depuis la bataille de Marathon jusqu'au doge Selvo (Cf. les pages de la Bible d'Amiens, où il fait descendre de Dédale, «le premier sculpteur qui ait donné une représentation pathétique de la vie humaine», les architectes qui creusèrent l'ancien labyrinthe d'Amiens); et aux mosaïques du baptistère de Saint-Marc il reconnaît dans un séraphin une harpie, dans une Hérodiade une canéphore, dans une coupole d'or un vase grec, etc.
[34]Dans une étude admirable, publié par la Gazette des Beaux-Arts. Depuis Fromentin, aucun peintre, croyons-nous, n'a montré une plus grande maîtrise d'écrivain.—Ces lignes avaient paru du vivant de M. Ary Henan. Aujourd'hui qu'il est mort, je me demande si je n'étais pas resté au-dessous de la vérité. Il me semble maintenant qu'il était supérieur à Fromentin.
[35]«Si peu, dit-il, que je ne crois pas qu'aucune interprétation de la religion grecque ait jamais été aussi affectueuse, aucune de la religion romaine aussi révérente que celle qui est à la base de mon enseignement.»
[36]Cf. Chateaubriand, préface de la 1re édition d'Atala: «Les Muses sont des femmes célestes qui ne défigurent point leurs traits par des grimaces; quand elles pleurent, c'est avec un secret dessein de s'embellir.»
[37]Præterita, I, chap. II.
[38]Quelle intéressante collection on ferait avec les paysages de France vus par des yeux anglais: les rivières de France de Turner; le Versailles, de Bonnington; l'Auxerre ou le Valenciennes, le Vezelay ou l'Amiens, de Walter Pater; le Fontainebleau, de Stevenson et tant d'autres!
[39]The Seven Lamps of the Architecture.