[126]Opéra de Balfe, compositeur de musique irlandais, né en 1808, mort en 1870. Balfe a composé de nombreuses partitions: Le Siège de la Rochelle 1835, Manon Lescaut 1836, Jane Grey 1837, Falstaff 1838, le Puits d'amour 1843, la Gipsy 1844, les 4 fils Aymon 1844, etc., etc. Satanella est de 1859. (Note du traducteur.)

[127]Cf. plus haut § 16, l'adjectif anglais placé d'une façon analogue en symétrie avec l'adjectif «latin». (Note du traducteur.)

[128]S. Luc, XVI, 20. «Il y avait aussi un pauvre nommé Lazare, qui était couché à la porte de ce riche et était couvert d'ulcères.» Comparez, sur Lazare et les pauvres d'aujourd'hui, la Couronne d'Olivier sauvage, I, § 30. (Note du traducteur.)

[129]«Vous avez toujours les braves et bons dans la vie. Ceux-là ont aussi besoin d'être aidés, quoique vous paraissiez croire qu'ils n'ont qu'à aider les autres. Ceux-là aussi réclament qu'on pense à eux et qu'on se souvienne d'eux.» (Lectures on Art, II, 58.) (Note du traducteur.)

[130]Et dès les plus bas degrés de l'échelle du travail. Du travail le plus humble naît un plaisir, humble sans doute comme la tige, qui l'a porté, sans couleurs variées et qui pourtant n'est pas sans charmer la vie qu'il embellit. Ce plaisir-là est satisfaction de soi, plaisir à se trouver avec les autres, optimisme. De ce plaisir-là dans la littérature de tous les temps il y a, avant tout, deux immortels exemples. Le premier c'est l'histoire d'Aristarque et de ses parents dans les Mémorables de Xénophon: «En ce moment, j'en suis sûr, tu ne peux aimer tes parentes et elles ne peuvent t'aimer. Toi parce que tu les regardes comme une gêne pour toi, elles parce qu'elles voient bien qu'elles te gênent. De cela il est à craindre... que la reconnaissance du passé ne soit amoindrie. Mais si tu leur imposes une tâche, tu les aimeras en voyant qu'elles te sont utiles et elles te chériront à leur tour en s'apercevant qu'elles te contentent; le souvenir du passé vous sera plus agréable, votre reconnaissance s'en augmentera. Vous deviendrez ainsi meilleurs amis et meilleurs parents.» «Aussitôt dit, on acheta de la laine... la gaieté avait succédé à la tristesse, etc.» (Mémorables, chapitre VII.) L'autre exemple est donné par la fin de Candide, trop célèbre pour qu'il soit besoin de la citer. C'est d'ailleurs encore la pensée qu'exprime la dernière phrase de Candide: «Tout cela est bien, dit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.»—Je me souviens encore de la façon dont le maître le plus admirable que j'aie connu, l'homme qui a en la plus grande influence sur ma pensée, M. Darlu, aujourd'hui Inspecteur général de l'Université, comparait à ce chapitre des Mémorables le chapitre de la Bible de l'Humanité sur Hercule. (Note du traducteur.)

[131]Allusion à cet étrange passage d'Ezéchiel: «Il me dit: Fils de l'Homme, perce la paroi, et quand j'eus percé la paroi il se trouva une porte... J'entrai donc et voici toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes et tous les dieux infâmes de la maison d'Israël étaient peints sur la paroi... et 70 hommes... assistaient et se tenaient devant elles... et chacun avait un encensoir à la main d'où montait en haut une épaisse nuée de parfum. Alors il me dit: Fils de l'Homme n'as-tu pas vu ce que les anciens de la maison d'Israël font dans les ténèbres, chacun dans son cabinet peint, etc. (Ezéchiel, VIII, 6-18.) (Note du traducteur.)

[132]Turner. Voir, sur ce dessin, sur son pathétique et sa signification, Modern Painters, partie V, ch. I, § 17, et chapitre XVIII, § 2. (Note du traducteur.)

[133]C'est dans Isaïe (Prophétie contre le roi de Babylone) (XIV, 9, 10) que le sépulcre a réveillé les Trépassés: «Il a fait lever de leurs sièges tous les principaux de la terre, tous les rois des nations. Ils prendront tous la parole et diront (au roi de Babylone): «Tu as été aussi affaibli que nous, tu as été rendu semblable à nous, on t'a fait descendre de ta magnificence dans le sépulcre avec le bruit de tes instruments, etc.» (Note du traducteur.)

[134]Sans doute, et pourtant si nous prenons la vie de tant de grands écrivains, de tant d'artistes, reconnaissons que bien peu ont entièrement négligé l'autre «avancement dans la vie, dans ses atours». Combien peu, pour ne prendre que cet exemple, ont dédaigné d'entrer à l'Académie Française ou telle autre forme de pouvoir, de prestige. Tel poète, plongé dans la vie elle-même tant qu'il écrit, sitôt la chaleur de l'inspiration tombée est déjà revenu à l'«avancement dans la vie», dans les «atours de la vie» et de sa main tremblante encore d'avoir voulu suivre au vol la vitesse de sa pensée, il inscrit à la première page du poème qui plane si haut au-dessus de toutes les contingences et de sa propre vie, le nom de la Reine bienveillante à qui il le dédie, afin de faire connaître le rang social qu'il occupe, combien il est «avancé dans la vie». Il tient à ce que les humbles mortels le sachent et les autres reines aussi, afin que les hommes le respectent et que les reines le recherchent, et que tous parfassent ainsi son «avancement dans la vie». Peut-être ce poète vous dira-t-il que s'il dine chez cette Reine et ensuite lui dédie son livre, c'est parce qu'ayant conscience de l'éminente dignité de «l'homme de lettres», il veut lui faire dans la société la place qu'il doit y avoir, égale à celle des Rois. Pour un peu, à l'en croire, il se dévoue, il immole ses goûts, son talent, à ses devoirs de citoyen de la République des lettres. Pourtant, si vous lui disiez que tel de ses confrères veut bien se charger de ce rôle et qu'il pourra désormais dans l'inélégance et dans l'obscurité travailler sans se soucier des Reines, peut-être se rendrait-il compte alors que c'était en réalité plutôt à sa propre grandeur qu'à celle de l'homme de lettres qu'il se dévouait et que les conquêtes de son confrère ne lui remplaceraient nullement les siennes propres. D'ailleurs l'homme de lettres chargé d'honneurs est-il plus grand qu'un autre, même aux yeux frivoles de la postérité? C'est fort douteux et un homme de lettres dédaigneux de toute influence, de tout honneur, de toute situation mondaine, comme Flaubert, ne nous apparaît-il pas comme plus grand que l'académicien son ami, Maxime du Camp? Certes le désir «d'avancer dans la vie», le snobisme, est le plus grand stérilisant de l'inspiration, le plus grand amortisseur de l'originalité, le plus grand destructeur du talent. J'ai montré autrefois qu'à cause de cela il est le vice le plus grave pour l'homme de lettres, celui que sa morale instinctive, c'est-à-dire l'instinct de conservation de son talent, lui représente comme le plus coupable, dont il a le plus de remords, bien plus (que la débauche, par exemple, qui lui est bien moins funeste, l'ordre et l'échelle des vices étant dans une certaine mesure renversés pour l'homme de lettres. Et cependant le génie se joue même de cette morale artistique. Que de snobs de génie ont continué comme Balzac à écrire des chefs-d'œuvre. Que d'ascètes impuissants n'ont pu tirer d'une vie admirable et solitaire dix pages originales. (Note du traducteur.)

[135]Le symbole matériel de ceci est l'offre de l'artério-sclérose faite tous es jours aux arthritiques par le démon de la bonne chère. Mais ici encore, pour la santé comme pour le génie, le tempérament est plus fort que le «régime». (Note du traducteur.)