Et l'Homme s'arrêta sur le seuil, ébloui.
—Quelle est l'ombre qui rend plus sombre encor
mon antre?
—L'Amour.—Es-tu le Dieu?—Je suis le Héros.—Entre;
Mais tu cherches la mort. L'oses-tu braver?—Oui.
Bellérophon dompta la Chimère farouche.
—N'approche pas.—Ma lèvre a fait frémir ta bouche…
—Viens donc! Entre mes bras tes os vont se briser;
Mes ongles dans ta chair… —Qu'importe le supplice,
Si j'ai conquis la gloire et ravi le baiser?
—Tu triomphes en vain, car tu meurs.—Ô délice!…
Marsyas
Les pins du bois natal que charmait ton haleine
N'ont pas brûlé ta chair, ô malheureux! Tes os
Sont dissous, et ton sang s'écoule avec les eaux
Que les monts de Phrygie épanchent vers la plaine.
Le jaloux Citharède, orgueil du ciel hellène,
De son plectre de fer a brisé tes roseaux
Qui, domptant les lions, enseignaient les oiseaux;
Il ne reste plus rien du chanteur de Célène.
Rien qu'un lambeau sanglant qui flotte au tronc de l'if
Auquel on l'a lié pour l'écorcher tout vif.
Ô Dieu cruel! Ô cris! Voix lamentable et tendre!
Non, vous n'entendrez plus, sous un doigt trop savant,
La flûte soupirer aux rives du Méandre …
Car la peau du Satyre est le jouet du vent.
PERSÉE ET ANDROMÈDE
Andromède au monstre