»Votre affectionné ami

»Q. B. S. M[2].

Le Correspondant.

»S. Diego, 11 novembre.»

Ceci était la lettre officielle du correspondant. Voyons maintenant ce qu’écrivait le Capitan Martin à son ami Luis Chiquito:


«Cher Choy: Viens en courant si tu peux car la fête est très gaie, figure-toi que Capitan Joaquin qui tenait la banque a presque sauté: Capitan Tiago l’a doublé trois fois, trois fois il a gagné; aussi Cabezang Manuel, le maître de la maison, en mourait presque de joie. Le P. Dámaso a brisé une lampe d’un coup de poing parce que jusqu’à présent il n’a pas gagné une carte, le consul a perdu, avec ses coqs et à la banque presque tout ce qu’il nous a gagné à la fête de Binang et au Pilar de Santa Cruz.

»Nous attendons que Capitan Tiago nous amène son futur gendre, le riche héritier de D. Rafael, mais il semble vouloir imiter son père, car jusqu’ici on ne l’a pas vu. Malheureusement il paraît ne devoir être d’aucun profit.

»Le chinois Carlos fait une grande fortune avec le liam-pô; je le soupçonne de porter quelque chose de caché, peut-être un aimant; il se plaint continuellement de douleurs à la tête qu’il porte bandée et, quand le dé du liam-pô est pour s’arrêter, il s’incline presque jusqu’à le toucher comme s’il voulait bien l’observer de près. Je me tiens sur mes gardes parce que je connais d’autres histoires semblables.

»Adieu Choy; mes coqs vont bien, ma femme est joyeuse et se divertit.