L’homme fit un effort pour pleurer, il s’essuyait les yeux avec son mouchoir.

—Père, dit-il en pleurnichant, je suis allé chez D. Crisóstomo pour lui demander l’indemnité... il m’a d’abord reçu à coups de pied, me disant qu’il ne voulait rien payer, car lui-même avait failli être tué par la faute de mon cher et malheureux frère. Hier, je suis retourné pour lui parler, mais il était parti à Manille, me laissant, comme par charité, cinq cents pesos et me faisant dire de ne jamais revenir. Ah, Père, cinq cents pesos pour mon pauvre frère, cinq cents pesos... ah! Père...

Le curé surpris l’écoutait d’abord avec beaucoup d’attention; puis lentement, sur ses lèvres, se refléta un sourire empreint d’un mépris si sarcastique que José s’il l’avait vu, se serait sauvé à toutes jambes.

—Et que veux-tu maintenant? lui demanda le prêtre en haussant les épaules.

—Ah! Père, dites-moi pour l’amour de Dieu, ce que je dois faire; le Père a toujours donné de bons conseils.

—Qui te l’a dit? Tu n’es pas d’ici...

—Le Père est connu de toute la province!

Le P. Salvi, le regard irrité, s’approcha de José épouvanté et, lui montrant la rue:

—Va-t’en chez toi et rends grâce à D. Crisóstomo qu’il ne t’ait pas fait envoyer en prison. Va-t’en d’ici!

Oubliant de jouer son rôle, José murmura: