—Des pétards, je veux des pétards, cria le petit.

—Moi, une tête pour ma poupée! clama la petite.

—Et toi, que veux-tu? demanda le vieillard à Basilio.

Celui-ci se leva avec peine et s’approchant du grand-père:

—Señor, lui dit-il. J’ai donc été malade plus d’un mois?

—Depuis que nous t’avons trouvé évanoui et couvert de blessures, deux lunes se sont passées, nous croyions que tu allais mourir...

—Dieu vous récompense; nous sommes très pauvres, reprit Basilio, mais, puisque c’est aujourd’hui Noël, je veux m’en aller au pueblo voir ma mère et mon petit frère; ils m’auront cherché.

—Mais, fils, tu n’es pas encore bien et ton pueblo est loin; tu n’y seras pas arrivé à minuit.

—N’importe, señor! Ma mère et mon petit frère doivent être bien tristes; tous les ans nous passions ensemble cette fête... l’an dernier nous avons mangé un poisson à nous trois... ma mère aura pleuré en me cherchant.

—Tu n’arriveras pas vivant au pueblo, garçon! Ce soir nous avons de la poule et un morceau de sanglier. Mes fils te chercheront quand ils reviendront des champs.