—N’était-elle pas chez un médecin? demanda-t-il, on l’a déjà guérie?
Capitan Basilio sourit amèrement.
—Le médecin a eu peur d’être accusé comme ami de D. Crisóstomo et il l’a chassée. Maintenant elle erre comme autrefois, toujours aussi folle; elle chante, est inoffensive et vit dans le bois...
—Quels autres changements se sont encore produits dans le pueblo depuis que nous l’avons quitté? Je sais que nous avons un nouveau curé et un nouvel alférez...
—Terribles temps, l’Humanité recule! murmura Capitan Basilio en songeant au passé. Voyez, le lendemain de votre départ, le sacristain principal fut trouvé mort, pendu dans le grenier de sa maison. Le P. Salvi fut vivement touché par cette mort et s’empara de tous les papiers du défunt. Ah! le philosophe Tasio est mort aussi, on l’a enterré dans le cimetière des Chinois.
—Pauvre D. Anastasio! soupira D. Filipo, et ses livres?
—Les dévots, croyant être agréables à Dieu, les ont brûlés. Rien n’a pu être sauvé, pas même les œuvres de Cicéron... le gobernadorcillo n’a rien fait pour empêcher quoi que ce soit.
Tous deux gardèrent le silence.
En ce moment on entendait le triste et mélancolique chant de la folle.
—Sais-tu quand Maria Clara se marie? demandait Iday à Sinang.