—Regarde, ajouta le vieillard, en lui montrant une pièce d’argent; je n’ai que cela, mais je te le donnerai si tu me la trouves.
Le brillant de la monnaie fit réfléchir l’homme; il regarda vers l’ossuaire et dit:
—Elle n’est pas là? Non? Alors je ne sais pas où elle peut se trouver.
—Tu ne sais pas? Quand ceux qui me doivent me paieront, je te donnerai plus, continua le petit vieux. C’était le crâne de ma femme, et si tu le trouves...
—Elle n’est pas là? alors je n’en sais rien! Mais si vous voulez je puis vous en donner un autre!
—Tu es comme la tombe que tu creuses! s’écria le bonhomme furieux, tu ne sais pas la valeur de ce que tu perds. Pour qui est cette fosse?
—Le sais-je, moi? Pour un mort! répondit l’autre avec humeur.
—Comme la tombe! comme la tombe! répétait toujours le vieux avec un rire sec; tu ne sais ni ce que tu jettes ni ce que tu portes! Creuse, creuse!
Et se retournant, il se dirigea vers la sortie.
Le fossoyeur pendant ce temps avait fini sa tâche; deux monticules de terre fraîchement remuée et de couleur rougeâtre s’élevaient sur les bords. Tirant du buyo de son salakot, il se mit à le mâcher, en regardant d’un air stupide ce qui se passait autour de lui.