—Là-bas, derrière cette grande croix, señor, continua le domestique en montrant une encoignure, quand ils eurent franchi la porte d’entrée.

Ibarra était si préoccupé qu’il ne remarqua pas le mouvement d’étonnement de quelques personnes qui, le reconnaissant, suspendirent leur prière et le suivirent des yeux avec la plus grande curiosité.

Le jeune homme marchait, évitant soigneusement de passer sur les fosses que l’on reconnaissait facilement à un creusement du terrain. Autrefois, il les foulait aux pieds, aujourd’hui il les respectait, car son père gisait dans l’une d’elles. Arrivé de l’autre côté de la croix, il s’arrêta et regarda de tous côtés. Son compagnon restait confus et embarrassé; il cherchait des traces de pas sur le sol et ne voyait nulle part aucune croix.

—C’est ici? murmurait-il entre ses dents;... non, c’est là;... mais la terre est retournée!

Ibarra le regardait avec angoisse.

—Oui, continua le domestique; je me souviens qu’il y avait une pierre à côté; la fosse était un peu courte; le fossoyeur était malade et ce fut un aide qui dut la creuser; mais, demandons à celui-ci ce qu’il a fait de la croix.

Ils marchèrent vers le fossoyeur qui les observait curieusement; quand ils furent près de lui, l’homme les salua en retirant son salakot.

—Pourriez-vous nous dire quelle est la fosse, là-bas, qui avait une croix? demanda le domestique.

L’homme regarda l’endroit et réfléchit.

—Une grande croix?