—Ah! seigneur, si vos veneurs vous ont marri, vous sied-il de prendre tant à cœur des fâcheries de chasse?»

Marc sourit de ce propos:

«Non, amie, mes veneurs ne m’ont pas irrité; mais trois félons, qui, dès longtemps, nous haïssent; tu les connais, Andret, Denoalen, et Gondoïne; je les ai chassés de ma terre.

—Sire, quel mal ont-ils osé dire de moi?

—Que t’importe? Je les ai chassés.

—Sire, chacun a le droit de dire sa pensée. Mais j’ai le droit aussi de connaître le blâme jeté sur moi. Et de qui l’apprendrais-je, sinon de vous? Seule en ce pays étranger, je n’ai personne, hormis vous, sire, pour me défendre.

—Soit. Ils prétendaient donc qu’il te convient de te justifier par le serment et par l’épreuve du fer rouge. «La reine, disaient-ils, ne devrait-elle pas requérir elle-même ce jugement? Ces épreuves sont légères à qui se sait innocent. Que lui en coûterait-il?... Dieu est vrai juge; il dissiperait à jamais les griefs anciens...» Voilà ce qu’ils prétendaient. Mais laissons ces choses. Je les ai chassés, te dis-je.»

Iseut frémit; elle regarda le roi:

«Sire, mandez-leur de revenir à votre cour. Je me justifierai par serment.

—Quand?