Picard et Auzout, célèbres tous deux à des degrés et à des titres inégaux, dans l’histoire de l’astronomie. Frenicle, dont Descartes et Fermat ont loué la pénétration et qui, presque exclusivement appliqué à la théorie des nombres, avait lutté sans désavantage contre ces deux grands hommes, lorsqu’ils n’avaient pas dédaigné de le suivre, quelquefois même de le provoquer sur son terrain.
Buot, qui, d’abord simple ouvrier armurier, s’était instruit seul et qu’on s’étonnait de voir si savant sans entendre un mot de latin.
Carcavy enfin, ami de Pascal, et qui sans avoir produit d’invention originale était alors un savant instruit et considérable.
Les physiciens qui complétaient l’Académie sont restés moins célèbres. Outre Pecquet, dont le nom est attaché à une découverte importante, l’Académie comptait:
Delachambre, médecin ordinaire du roi et auteur d’un ouvrage intitulé: Nouvelles conjectures sur la cause de la lumière, sur les débordements du Nil et sur l’amour d’inclination. Cet ouvrage a reçu de grandes louanges; les mérites, il faut le croire, en étaient aussi variés que le sujet, car il ouvrit à son auteur les portes de l’Académie française comme celles de l’Académie des sciences.
Claude Perrault, le futur architecte du Louvre, médecin en même temps, comme Boileau ne l’a laissé ignorer à personne, et de plus naturaliste habile.
Quoique Duclos, Bourdelin, Gayant et Marchand, qui complétaient la section, n’aient pas laissé de grands noms dans la science, leur mérite passait alors pour fort au-dessus du commun.
Duhamel, homme très-docte et d’un esprit ferme et droit, fut nommé secrétaire. Il joignait à une grande érudition philosophique la politesse et l’élégance de style, en même temps qu’une excellente latinité dont la réputation décida, dit-on, le choix de Colbert.
Cinq jeunes gens enfin, Couplet, Richer, Niquet, Pivert et Delannoy, furent adjoints aux académiciens pour les aider dans leurs travaux.