Pour de ses dictz la force faire entendre,

Laissa le ciel, en terre se vint rendre,

Au corps entra de Dolet, tellement

Que luy sans aultre à nous se faict comprendre,

Et n’a changé que de nom seulement.

Plus tard, les deux intimes se brouillèrent à mort; j’ignore à quel sujet, mais ce fut probablement au milieu ou vers la fin de l’année 1543: car Dolet, qui publia cette année, comme je l’ai dit tout à l’heure, une édition in-8o des œuvres de Marot, y parle encore de celui-ci dans les termes les plus affectueux.

Mais tout changea, quand l’amour-propre froissé, mettant la haine et le mépris à la place de l’affection et de l’estime, eut séparé pour jamais ces deux natures également susceptibles. Je ne crois pas, cependant, que Marot se soit montré le plus acharné, dans le duel d’injures qui sans doute eut lieu à cette occasion. Maître Clément n’était pas un homme de fiel et de rancune; il se contenta de porter une ou deux bottes à son adversaire, puis il le laissa tranquille et passa son chemin.

En effet, parmi les épigrammes de ce poëte, j’en ai trouvé deux, pas davantage, qui se rattachent à sa querelle avec Dolet. La première, intitulée Contre l’inique, est adressée à Antoine Dumoulin[112], Masconnois, et à Claude Galland. Voici en quels termes:

Fuyez, fuyez (ce conseil je vous donne),

Fuyez le fol qui à tout mal s’addonne,