«Aux lieux où le soleil se lève dans son effrayante splendeur, aux lieux où il se plonge sous les flots de la mer occidentale, partout on adore Marie, partout on révère sa divine puissance.
«Aux bords du Rhin et de l’Ebre, comme aux plages que baignent les Palus-Méotides, on reconnaît, on célèbre à genoux son saint nom.
«A son moindre signe le firmament allume tous ses feux, la mer houleuse et folle comprime sa grande voix.
«Vierge féconde, elle a enfanté le Fils de Dieu, le guide éternel de notre salut; elle nous a ramenés tous des ténèbres de l’enfer à l’atmosphère de la vie.
«N’est-ce pas elle aussi qui retient loin de nous la fureur et les menaces du ciel haut-tonnant? elle qui détourne de nos têtes le souffle mortel du courroux divin?
«Cueillez donc, enfants, cueillez à pleines mains des fleurs dans la campagne qu’inonde le soleil, dépouillez la tige de l’hyacinthe, pour embellir les autels de la Vierge.
«Entrelacez en guirlandes de neige le lis et le troëne, mariez l’amarante à l’amome, pillez les herbes odorantes qui rappellent les vives senteurs de l’Arabie.
«Et quand, jonché de fleurs, le temple saint exhalera mille parfums, que cette prière commune vienne frapper l’oreille attentive de la Mère de Dieu:
«—O voie de bonheur et d’espérance ouverte aux pieux élans, soulagement infaillible des malheureux qui plient sous le fardeau de leurs fautes, repos toujours prêt, rade toujours sûre pour les vaisseaux qu’a fatigués la tempête!
«Par le fruit de ton chaste amour, par le nom de ton bienheureux Fils, par ce sein qui jadis allaita l’enfance d’un Dieu;