Austri, nec imbres diruent edaces.

Sidera dum cœlo hærebunt, ac Ursa obibit axem,

Cursuque tardo per polum meabit,

Longolio Hesperii, quique ortum solis intuentur,

Omnes vicissim gloriam vovebunt.

Hinc igitur procul, hinc procul absint neniæ sepulcri,

Luctusque turpes quos anus refundunt[65]!

«Oh! que Longueil, avec sa docte parole, n’a-t-il eu, sur la Mort rapace et les Parques cruelles, l’ascendant qu’il exerça jadis, quand sa voix éloquente courba de stupeur la foule romaine! Il vivrait en pleine santé, il n’aurait point succombé sous un noir trépas; pour lui le Temps,—il en était digne!—devait sans cesse renouveler sa course. Mais que dis-je? il vit, et jamais la mort ne l’anéantira, protégé qu’il est, comme dans une citadelle, par sa gloire éclatante, par son grand nom! Il a parfait un monument plus éternel que le bronze, et dont la renommée, vaste écho qui se prolonge, a volé jusqu’aux astres; un monument qui ne croulera ni sous la série des ans, ni sous l’effort de l’autan fougueux, ni sous l’action corrosive des pluies. Tant que les constellations adhéreront à la voûte céleste, tant que l’Ourse au pas tardif, fournissant sa carrière, circulera dans l’empyrée, les peuples du couchant, ceux qui contemplent le lever du soleil, tous enfin, l’un après l’autre, décerneront à Longueil un culte d’admiration. Donc, loin d’ici les chants plaintifs du sépulcre, et les pleurs honteux que versent les vieilles femmes!»

Voici, maintenant, un échantillon du cicéronianisme de Longueil. C’est une lettre, également en latin, adressée à l’un de ses amis. Je vais la traduire tout au long; car, pour ceux qui aiment à entrer in visceribus rei, dans la partie intime d’une époque, surtout d’une époque comme le seizième siècle, un document de cette nature ne saurait être sans intérêt. J’aurais donc tort de le passer sous silence:

«Christophe de Longueil à Stéphane Théolus, salut au nom du Seigneur.