Un matelot blasphémait d’une voix pleine de larmes en élevant une paire de pantalons ruisselants. Personne ne le regardait. Le chat sortit de quelque part. On lui fit une ovation. Empoigné, il passa de main en main, étouffé de caresses, dans un murmure de petits noms d’amitié. On se demanda où il avait passé le grain, on disputa sur ce point. Une discussion oiseuse s’engagea. Deux hommes entrèrent avec un seau d’eau fraîche. Tous se pressèrent autour ; mais Tom, maigre et miaulant, tous les poils frémissants, arriva et but le premier. Un couple d’hommes prit le chemin de l’arrière en quête d’huile et de biscuit.

Alors, dans la lumière jaune, en se reposant d’éponger le pont, ils broyèrent des croûtes dures et prirent le parti de narguer tant bien que mal la mauvaise fortune. Des matelots s’apparièrent quant aux couchettes. On établit des tours pour le port de bottes et de cirés. Ils se traitèrent de « ma vieille » et de « fiston » en voix réjouies. Des claques amicales sonnèrent. On criait des plaisanteries. Un ou deux dormeurs étendus à même le pont humide se faisaient un oreiller de leurs bras repliés et plusieurs fumaient assis sur le panneau. Les figures défaites paraissaient, à travers la légère buée bleue, pacifiées et les yeux brillants. Le maître d’équipage allongea la tête dans l’entrebâillement de la porte.

— Relevez à la barre, quelqu’un, cria-t-il, il est six heures. Du diable si ce vieux Singleton n’est pas là-haut depuis plus de trente heures. Vous êtes chics !

Il fit claquer le battant.

— La bordée de quart là-haut, dit quelqu’un.

— Hé, Donkin, c’est ton tour de relève, cornèrent deux ou trois voix ensemble.

Il avait escaladé une couchette vide et gisait immobile sur les planches mouillées.

— Donkin, ton tour de barre.

Pas un son ne répondit.

— Donkin qui est mort, pouffa quelqu’un.