Entre Daya et Magenta, nous abordons une de ces montées, mais vous savez… Elle coupe en zigzags, comme un serpent monstre, la pente abrupte de la montagne.
La voie à suivre est indiquée par une ligne grise sur le flanc vertical de la hauteur.
Oh! oh! c'est là qu'il faut monter…
La tête s'engage résolument. Bientôt elle surplombe la queue, qui se hisse à son tour.
On s'arrête pour respirer.
Les premiers hurlent des paroles ironiques d'encouragement à cette malheureuse arrière-garde, qui ne répond mot, mais prend courage, parce qu'on se moque d'elle.
Le soleil flambe ferme. L'air étouffe les marcheurs entassés. Les coups de sacs se succèdent à intervalles rapprochés. Les étincelles jaillissent sous les clous des souliers.
Poussifs, rendus, fourbus, on est enfin sur la crête.
Un moment d'arrêt refroidit la tête qui tournoie, et l'on repart, oubliant vite ce mauvais pas.
On a bien marché, mais pourquoi? Parce que la queue et la tête se regardaient réciproquement.