Vers le soir du dixième jour, un certain découragement s'était emparé du conducteur. Il ordonne de mettre fin aux travaux et inspecte minutieusement la jam.

On lui attache une forte corde sous les bras. Puis, une hache à sa ceinture et une scie à la main, il se fait descendre au bas de la chute, afin de pouvoir examiner les dessous du barrage.

Pendant une heure, ce ne sont que des cris de: Montez! Descendez!

Finalement, le foreman apparaît souriant et nous promet que le lendemain sera la fin de nos ennuis.

En effet, le jour suivant, il s'équipe de la même manière que la veille et descend encore sous la chute. Puis il se met à scier un billot qui était réellement la clef de toute l'obstruction.

A chaque craquement sinistre, ceux qui tiennent le câble portant Jolibois,—c'était le nom du conducteur,—tirent vivement à eux. Le danger passé, on descend de nouveau le travailleur.

Tout le monde est sur la rive gauche, attendant le dénoûment avec anxiété. Les vieux disent que Jolibois a le diable au corps, et craignent beaucoup pour sa vie.

Tout à coup, un craquement terrible se fait entendre. Un effondrement, d'abord très-lent, puis rapide comme la foudre, fait bientôt disparaître dans l'abîme les masses mouvantes de l'obstruction.

Les hommes, au câble, essayent d'arracher Jolibois à la mort, mais un obstacle insurmontable arrête l'ascension.

Lâchez tout! est le cri général.