E. GUILMOTO, Éditeur

6, Rue de Mézières, PARIS


LA GRANDE ARTERE DE LA CHINE

LE YANGTSEU

CHAPITRE PREMIER

I. Le Yang-Tseu-Kiang et ses affluents.—II. La navigation sur le Yang-Tseu.—III. Essai de navigation à vapeur sur le haut-fleuve.—IV. Les rives du fleuve et leur aspect; dangers de la navigation sur le haut-fleuve.—V. Climat.—VI. Les provinces arrosées par le Yang-Tseu et leurs productions.—VII. Origine des Chinois.—VIII. Caractère du Chinois.

I.—Le Yang-Tseu-Kiang, dit aussi Ta-Kiang[1] ou grand fleuve, et plus généralement connu des riverains sous le nom de Kiang, «le fleuve», le fleuve par excellence, prend sa source dans les montagnes du Thibet, et se jette à la mer non loin du grand centre commercial de Changhai. Il coule de l'ouest à l'est et, soit par lui-même, soit par ses affluents, arrose les provinces du Yunnan, du Sseu-Tchuen, du Kouei-Tcheou, du Houpe, du Hounan, du Kiang-Si, du Ngan-Hoei, et du Kiang-Sou. Il parcourt donc la Chine dans toute sa largeur, de l'occident à l'orient, et il a une longueur totale d'environ 4.845 kilomètres.

[1] Dans cet ouvrage, j'ai transcrit les noms chinois suivant l'orthographe française, par la raison bien simple qu'il n'existe pas, comme pour le japonais, de méthode internationale adoptée par tous les sinologues des divers pays et servant à transcrire les sons chinois. Cependant, pour les noms des ports ouverts, j'ai eu soin, à côté de l'orthographe française, de mettre entre parenthèses l'orthographe anglaise; car c'est sous cette dernière forme que les ports ouverts de la Chine sont connus des étrangers. La langue anglaise est le véhicule nécessaire, indispensable, des affaires en Extrême-Orient, et les maisons de commerce, à quelque nationalité qu'elles appartiennent, traitent leurs opérations en anglais. C'est un fait dont il faut tenir compte dans nos relations avec la Chine, et nos négociants doivent se persuader que sans l'anglais ils ne pourront rien entreprendre dans les ports de l'Empire chinois.

Sur la rive droite, dans la province du Yunnan, la première qu'il traverse, il n'a pas d'affluents bien considérables, mais seulement de petits torrents peu longs et peu larges qui viennent des hautes montagnes mêler leurs eaux aux siennes.