Ainsi donc le Japon a produit, en 1907, 54.697.242 livres japonaises de cuivre, soit : 32.818.342 kilogrammes. C’est, après celui des États-Unis d’Amérique, le plus grand rendement connu sur notre globe, et le cuivre est l’un des principaux produits d’exportation du Japon.
Charbon :
Mines : | Propriétaires. | Production | |
| Poronai (Hokkaido) | Hokkaido Co | 163.013 | |
| Yubari | — | — | 480.803 |
| Sorachi | — | — | 202.930 |
| Iriyama (Fukushima) | Iriyama Co | 204.537 | |
| Uchigo | — | Iwaki Co | 145.515 |
| Onoda | — | — | 188.951 |
| Ojô | — | Ojô Co | 86.289 |
| Takashima (Nagasaki) | Mitsubishi | 183.816 | |
| Akasakaguchi (Saga) | Takatori | 139.273 | |
| Wochi | — | Mitsubishi | 163.013 |
| Yoshitani | — | Yoshitani Co | 219.858 |
| Kitakara | — | Koga | 86.840 |
| Kamiyamada (Fukuoka) | Mitsubishi | 90.186 | |
| Otsuji | — | Kayejima | 212.629 |
| Miike | — | Mitsui | 1.482.451 |
| Onoura | — | Kayejima | 593.154 |
| Shin iri | — | Mitsubishi | 438.572 |
| Fujidana | — | Mitsui | 96.321 |
| Mannoura | — | Kayejima | 207.372 |
| Yoshio | — | Aso | 216.207 |
| Namadzuda | — | Mitsubishi | 244.463 |
| Yamano | — | Mitsui | 138.850 |
| Meiji | — | Yosukawa | 416.421 |
| Tadakuma | — | Sumitomo | 67.195 |
| Kaneda | — | Mori | 271.328 |
| Hokoku | — | Hiraoka | 161.920 |
| Tagawa | — | Mitsui | 486.478 |
| Akaike | — | Yasukawa | 182.469 |
| Otô | — | Hara | 179.130 |
| Futase | — | Gouvernement | 366.128 |
| Furukawa | — | Furukawa | 376.681 |
Je ne donne ici que le rendement des principales mines, de celles qui produisent au-dessus de 100.000 tonnes métriques. Le charbon japonais est très inférieur, comme qualité, à tous les autres charbons connus et la consommation sera toujours limitée aux mers de Chine ; elle finirait même par cesser tout à fait si on trouvait, (comme il est probable que cela se produira), des mines de charbon supérieur dans les territoires chinois et indo-chinois.
CHAPITRE XVII
I. Finances japonaises ; généralités. — II. Organisation actuelle. — III. Le budget, les impôts. — IV. Dette publique ; emprunts. — V. Finances locales. — VI. Banques. — VII. Compagnies d’assurances. — VIII. Médecins, hygiène publique, assistance publique.
I. — Avec le chapitre finances, se présente le côté le plus ardu de l’économie japonaise. C’est la brume, en effet, que nous apercevons de ce côté. Les Japonais, qui cachent tout ce qu’ils peuvent à l’Europe, lui cachent leurs finances plus que leurs secrets militaires. Le Japon est pauvre, très pauvre ; le nécessaire manque dans tout le pays, et l’or, qui peut y exister, sert à payer les coupons de la dette et les achats à l’étranger. Cependant, si l’on consulte les publications japonaises, la situation financière est très bonne ; c’est qu’il faut tenir compte, ici, d’une particularité insoupçonnée par ceux qui ne connaissent pas le Japon[13] : les insulaires du Soleil Levant se priveront de tout et accepteront de payer les taxes les plus lourdes pour aider le Gouvernement à montrer à l’Europe une situation prospère. Le patriotisme japonais est, il faut bien le dire, animé de pas mal d’orgueil, et ce à quoi il tient le plus, c’est à faire grande figure devant l’Europe. Mais enfin la corde finit par casser, et il a déjà fallu boucler le budget de 1908-09 par des surtaxes sur la bière et le sake, le sucre et la consommation du pétrole. On va loin à ce jeu-là et le contribuable est rapidement à sec.
[13] Tous les Japonais ont subi des privations volontaires pendant la guerre contre la Russie ; un grand nombre d’entre eux se sont privés du nécessaire pour donner aux fonds de guerre.
D’un autre côté, sur quoi baser un nouvel emprunt ? Quelles garanties donnerait le Gouvernement japonais s’il était à nouveau obligé de recourir à l’argent de l’étranger ?
II. — Les finances japonaises, telles qu’elles existent aujourd’hui, ne datent pas de fort loin ; comme bien on le suppose, le système financier, au lendemain de la restauration impériale, était extrêmement compliqué et il n’existait pas de méthode régulière d’administration financière. Il avait fallu rompre avec l’ancien système où chaque daïmio avait ses finances et ses impôts ; il avait fallu centraliser, ici comme dans toutes les autres administrations, et ce ne fut pas facile. Cependant, en 1871, on établit l’unité dans les finances en décidant que toute la comptabilité des différents ministères et administrations publiques serait, désormais, sous la direction du Trésor, et que les Départements ministériels n’auraient plus, comme auparavant, leur comptabilité propre et indépendante des autres. Puis, en 1875, on établit un compte de recettes et de dépenses qui fut comme le premier budget de l’Empire. En 1880 fut créée la Cour des Comptes, sous le contrôle direct de l’Empereur. Tous ces remaniements ne se firent pas sans secousse et sans tâtonnements, et ce fut la gloire des gouvernants de la première heure d’avoir mené à bien une réforme aussi grave et aussi importante, pour un pays que la réforme financière. Il fallut, après la création du Trésor et celle de la Cour des Comptes, encore deux ans avant d’arriver à établir, sur des bases solides, la comptabilité centrale et la vérification ; cependant, à partir de 1882, toutes les irrégularités disparurent, et la création de la Banque du Japon (Nippon Ginkô) acheva la réorganisation. A dater de 1886, les budgets furent rendus publics, et, lors de la promulgation de la constitution, en 1889, la loi de Finances fut amendée et les budgets doivent désormais être établis par le ministre des Finances d’accord avec le Parlement.